Bien connue par tous ceux qui fréquentent les magasins bio, la stévia, un édulcorant 100% naturel issu d'une plante, vient d'être autorisée comme additif alimentaire. La France fait ici figure de pionnière : elle est la première en Europe à autoriser l’utilisation du Rébaudioside A.
Extrait d’une plante originaire d’Amérique du Sud, la stévia (Stevia Rebaudiana) a un pouvoir sucrant 300 fois supérieur au saccharose… et sans contenir aucune calorie ! L'arrêté publié au Journal Officiel du 6 septembre, qui rend possible son usage comme additif alimentaire par les industriels, est en fait le fruit d’une lutte de plusieurs années. Lutte emmenée par les défenseurs des vertus de la petite plante et de ses dérivés, comme Guayapi Tropical et Greensweet.
De nouvelles perspectives pour les industriels de l'agro-alimentaire
La stévia est connue depuis longtemps des Guaranis sous le nom « d’herbe douce » (Ka’a-Hé’é). Son utilisation ouvre bien des perspectives ! 100 % naturelle, elle remplace déjà avantageusement les édulcorants de synthèse dans plus de quinze pays. Au Japon, où ils sont interdits depuis 1969, la stévia a capté 40% de leurs parts de marchés. Sodas, sauces, plats préparés : elle est présente partout.
Aux Etats-Unis, des sodas (Diet Coc, Sprite…) contenant un dérivé de stévia sont disponibles depuis 2008. On estime que la plante et ses dérivés pourraient rafler 25% du marché mondial des sucres allégés d’ici peu. Conséquences ? Les multinationales de l’agroalimentaire spécialisées dans les faux sucres, qui voyaient jusque-là d’un mauvais œil cette concurrente naturelle, ont multiplié brevets et marchés.
Des vertus santé reconnues
Côté santé, les utilisations médicales de la stévia seraient multiples : à teneur nulle en calories, elle aiderait à lutter contre l’obésité. Elle conviendrait également aux régimes des diabétiques et aurait des effets positifs sur l'hypertension artérielle. De plus, à l’heure où de plus en plus d’études dénoncent les effets négatifs des édulcorants, la stévia arrive à point nommé.
Mais idées reçues et rumeurs sont aussi nombreuses sur la stévia. Ainsi, certains doutes sur le caractère potentiellement abortif de la plante ont été émis, qui ont ralenti sa mise sur le marché en Europe. Il faut en effet souligner que la stévia a longtemps été utilisée par les populations d'Amérique du Sud pour ses propriétés abortives. Des études, contradictoires, s’enchaînent depuis sur le sujet. Pour s’aligner sur un principe de précaution, l’OMS a donc fixé une prudente dose journalière maximum de stévia : 0 mg à 4 mg par kilo, ce qui devrait permettre de se garantir contre tout risque ! Elle reste également déconseillée aux femmes enceintes et allaitantes.
la stévia laisse un gout de réglisse dans les aliments ce qui fausse totalement leur gout