Le premier site de captage et de stockage de CO2 a été inauguré lundi par Total et Valérie Létard à Lacq, près de Pau. Alors que la technique du CSC (captage et stockage de carbone) est présentée par certains scientifiques comme une solution pour lutter contre le réchauffement climatique, les associations écolos ne partagent pas cet avis.
En quoi consiste la technique du captage et stockage de CO2 ? Le CO2 des centrales à charbon ou cimenteries est capturé et enfoui dans des formations géologiques adaptées, anciens puits de gaz naturel ou de pétrole abandonnés. Total a financé le projet pour 60 milliards d’euros, moyen d'améliorer son image environnementale. Selon le groupe d’experts intergouvernemental sur l’énergie et le climat (GIEC), le captage et le stockage de C02 est une solution au réchauffement climatique : 7 000 installations industrielles dans le monde pourraient en être bénéficiaires d’ici à 2050 et piéger environ 120 000 tonnes de dioxyde de carbone, soit l’équivalent de 40000 voitures.
Un projet dangereux, coûteux et inutile, selon les associations écolos
Les associations écolos, elles, émettent des doutes sur cette technique. La semaine dernière, quelques jours avant l'inauguration du site, elles ont envoyé une lettre ouverte au gouvernement pour exprimer leurs incertitudes. Les 9 associations écologiques (dont Les Amis de la Terre) jugent le CSC comme un projet « dangereux, coûteux et inutile ». Dangereux ? Parce que selon elles, les bioindicateurs et les systèmes de sécurité ne sont pas au point. Coûteux ? Parce que la maintenance du projet sera transférée à l'Etat en 2013. Inutile ? Parce que l'innovation ne concerne qu'une part infime des gaz à effet de serre.
Alors, réel greenwashing de la part de Total ou un mécontentement de riverains de plus ? En tous cas, on se demande réellement si le CSC est une solution au réchauffement climatique ou si on ne déplace pas juste le problème : accéder au chiffre de moins 20% d’émissions de GES, c’est bien, mais transférer le CO2 du ciel à la terre, c’est peut être demander le « diable » à la planète !
Crédit photo : zemoko/flickr






























