Les travaux du groupe d'experts sur la taxe carbone (ou Contribution Climat Energie) font l'objet de toutes les spéculations et de toutes les attentes. Les prises de positions sur le sujet fusent de toutes parts. D'un côté, on attend avec impatience la concrétisation de ce projet inclus dans le pacte écologique de Nicolas Hulot (2007). De l'autre, on appréhende les répercutions éventuelles d'une telle initiative.
L'objectif de cette taxe carbone est relativement simple. Aujourd'hui, seule l'industrie lourde est encadrée au niveau des émissions de gaz à effet de serre. Or ce sont les transports, le bâtiment, l'agriculture ou encore les ménages qui génèrent 80% des émissions de ce type en France (via l'essence, le diesel, le gaz, le charbon, le fuel domestique). Il s'agit donc de taxer les entreprises mais aussi les particuliers pour les inciter à polluer moins.
Une perspective qui n'est pas pour déplaire à la Fondation Hulot : “le prix de l'énergie va monter progressivement (…) il faut qu'on s'y prépare maintenant en changeant de comportement”, rappelle son coordinateur Benoît Faraco. Ce dernier n'est pas dupe pour autant des problématiques sociales et économiques que pourrait induire une nouvelle ponction dans le budget des ménages les moins aisés. La Fondation Hulot propose donc de reverser intégralement la partie de la taxe payée par les ménages sous forme “d'allocation universelle climat”. Ainsi, le particulier qui limite au mieux ses émissions amortira le coût de la taxe carbone grâce à cette redistribution. Une application du bon vieux concept “pollueur payeur”.
Cette belle proposition pourrait n'être en réalité qu'un voeu pieux. En effet, il paraît peu probable de voir le gouvernement s'asseoir sur des recettes évaluées à 8 milliards d'euros quand on connaît le déficit public de la France. Il n'en reste pas moins que cette idée a le mérite de pointer du doigt l'angoisse qui accompagne ce projet de taxe carbone.
C'est bien au niveau de la probable pression fiscale imposée à une population qui ne peut pas réellement baisser sa consommation d'énergie que le bât blesse. Alain Bazot, président de l'UFC Que Choisir se fait ainsi le porte parole “des populations “captives” qui ne peuvent pas faire autrement que d'utiliser leur voiture, par exemple”. Dans une approche encore plus politique, il évoque aussi l'hypothèse de voir les 8 milliards d'euros évoqués précédemment venir se substituer à la TVA sociale dont les français ne veulent pas. A. Bazot souligne néanmoins la pertinence de cette “allocation universelle climat” dans le cas où elle serait aménagée en fonction de la situation de chacun. Il semble évident qu'un citadain se passera plus facilement de sa voiture que ne pourra le faire celui qui parcourt 50 kilomètres pour rejoindre son lieu de travail.
De son côté, la Secrétaire d'Etat à l'écologie Chantal Jouanno démine le terrain sur BFM en rappelant l'engagement du Président de la République sur le thème de la taxe carbone : "pas d'atteinte au pouvoir d'achat et pas de prélèvement obligatoire". Elle va même plus loin en assurant des "compensations" adaptées (on parle d'un "chèque vert") et en excluant la possibilité d'un "passage en force" de la taxe. Jean-Louis Borloo espère pour sa part intégrer la taxe dans le projet de loi de finances 2010 en cas de consensus.
En somme, c'est à un savant mélange d'espoir, d'utopies et d'inquiétudes plus ou moins légitimes qui accompagne la perspective de cette taxe carbone. Est-elle indispensable? Comment la rendre juste? La somme d'argent qu'elle dégagera sera-t-elle redistribuée efficacement ? Et surtout, cette taxe pourra-t-elle vraiment limiter les émissions de gaz à effet de serre? Autant de questions qui trouveront sûrement des embryons de réponses dans les jours à venir et plus précisément mercredi 8 juillet après la présentation des conclusions du groupe de travail. Rendez-vous sur Greenzer.fr pour en avoir une synthèse.
Crédit Photo : Dr. Keats / Flickr









Je suis pour une taxe carbone, mais pour une taxe carbone équitable.
Et non pas pour cette arnaque.
Imaginez un peu l'employé lambda avec un salaire médian, qui doit utilisé son véhicule qu'il a acheté peu gourmand dans le but de moins emettre de carbone, mais qui doit faire 150 Kms par jour.
Cette taxe carbone va le pénaliser lourdement pour se rendre à son travail et il n'a pas d'autre choix, puisque la voiture zéro carbone n'existe pas ou quelques coute une fortune.
Par contre le bon plein de fric qui roule avec don gros 4X4 de luxe, lui ne va sentir aucune différence (même si ces gens sont les plus pingres...).
Ce qu'il faut instaurer c'est un fort malus sur les choses non utiles, comme un gros 4X4 polluant, une grosse GT etc... Ou un ecran plasma géant (comme celui de notre président...).
Sinon c'est une belle révolution (pas seulement verte), qu'il faudra enfin mener.