Après la censure de la taxe carbone par le Conseil constitutionnel, les déclarations fusent tous azimuts. Rares sont ceux qui se risquent à défendre cette taxe carbone morte née du fait de ses multiples exemptions. Beaucoup soulignent le bien-fondé de la décision des Sages. Une victoire écologique qui réveille le jeu politique en cette période de fêtes.
Depuis mardi, les éditorialistes des différents journaux hexagonaux n’en finissent plus de critiquer cette contribution carbone qui oubliait "plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre ", selon le Conseil constitutionnel. Raffineries, cimenteries et autres transports aériens ou routier de voyageurs se retrouvent dans la ligne de mire. Par exemple, le journal régional Le Progrès qualifie la taxe carbone "d'usine à gaz avec des soupapes ouvertes […] pour évacuer la pression de tel lobby, de tel groupe de députés ou de sénateurs". Pour sa part, Libération se réjouit de la censure de cette taxe qui "pesait surtout sur les ménages, oubliant les industriels".
Sarkozy subit un feu nourrit
Mais la fronde éditorialiste ne s’arrête pas là. Elle pointe aussi "le bricolage législatif d’un texte mal ficelé", comme le relève Le journal de la Haute-Marne. La faillite de ce projet de loi échoue donc sur son plus grand instigateur : Nicolas Sarkozy. Le Figaro admet "un revers politique pour le Chef de l’Etat", tandis que L’Alsace estime qu’il pourrait s’agir "du plus grand échec" du quinquennat de Nicolas Sarkozy.
Une atmosphère qui redonne de la voix à l’opposition
Les Verts estiment, pour leur part, que "le Conseil constitutionnel a confirmé la fumisterie de la taxe carbone version Sarkozy". De son côté, Martine Aubry considère que "les motifs de cette annulation confirment la position prise par les Parti Socialiste". Elle souligne ainsi l’action du PS qui avait saisi le Conseil constitutionnel. Du côté du gouvernement, certains enragent pendant que d’autres tentent une contre-attaque. Frédéric Lefebvre parle d'une "victoire à la Pyrrhus [de l'opposition] pour avoir mené un combat d'arrière-garde".
Une opportunité environnementale à saisir
Au milieu de ces luttes partisanes, chacun espère que les politiques sauront revenir à l'essentiel pour revoir leur copie et proposer une "vraie fiscalité écologique", dixit la première secrétaire verte, Cécile Duflot. Heureusement, certaines déclarations vont dans ce sens. Le secrétaire d’Etat Hervé Novelli promet : "Nous suivrons le Conseil constitutionnel". Une position plus engagée que celle du Premier ministre François Fillon, qui prend simplement "acte de l’invalidation". Chacun attend maintenant le 20 janvier pour savoir si l’action du Conseil constitutionnel induira autre chose que du bruit médiatique.
(Crédit photo : kevindooley/Flickr)














