La taxe carbone a pointé son nez à l’occasion d’une université d’été du PS de la Rochelle qui devait s’inscrire sous le signe de la réunion des sensibilités de gauche. Alors que le PS fait les yeux doux aux écologistes après leur succès aux européennes, le débat sur la Contribution Climat Energie (CCE) pourrait bien faire capoter la noce.
Sur ses terres, Ségolène Royal a réenfilé son costume de franc-tireur du parti. Elle a ainsi qualifié la future taxe carbone
"d’impôt absurde", "injuste" et "insupportable". Plus que des réserves concernant la forme de cette taxe, il semble que la présidente de Poitou-Charentes soit opposée à la mise en place d’une taxe écologique : "je n’ai jamais pensé que l’écologie devait se défendre par la punition", déclare-t-elle. Affichant fièrement les voitures électriques de sa région, elle stigmatise "la faiblesse gouvernementale" qui ne permet pas la fabrication de ce type de véhicules en grand nombre. Une façon d’illustrer sa position que l’on pourrait résumer ainsi : taxer des personnes prisonnières des énergies polluantes n’a aucun sens.
Inutile de préciser que cette posture n’est pas du tout du goût de Cécile Duflot. La secrétaire Nationale des Verts de passage à la Rochelle, ne s’est pas faite prier pour réagir : "toutes celles et ceux qui s’aventurent à critiquer dans son principe et dans ses fondements la fiscalité écologique ne sont que des démagogues." Encore plus direct, Daniel Cohn-Bendit avait qualifié dimanche de "ridicule" et "aberrant" le discours de l'ex-candidate à l'élection présidentielle.
Des déclarations qui ont poussé Martine Aubry à clarifier la position officielle du PS. Mue pas la volonté de ne pas diviser en interne et de préserver une future alliance électorale avec les écologistes, la première secrétaire du PS s’est livrée à un petit numéro de funambule. Elle a ainsi expliqué que le PS était "pour la fiscalité écologiste" mais "contre la taxe carbone de l’UMP".
Les jours passent, les déclarations se succédent, et la taxe carbone ressemble de plus en plus à un levier électoral et de moins en moins à un outil environnemental.








