L’ancien premier ministre de François Mitterrand devrait se rendre au ministère de l’écologie en milieu d’après midi (16h30). En sa qualité de président de la conférence d’experts sur la création d’une taxe carbone, Michel Rocard livrera les différentes recommandations nées des réflexions du groupe d'experts et mises en forme lors d’une table ronde.
Voilà maintenant plusieurs semaines que les interrogations concernant cette taxe carbone ou Contribution Climat Energie (CEE) sont identifiées et en attente de réponses. Comment cette taxe qui vise le pétrole, le charbon et le gaz pourrait-elle être mise en place sans impacter durement la vie des français ? Que faire des recettes qui pourraient atteindre un total de 8 milliards pour une tonne de CO2 à 32 euros ? Il y a fort à parier qu’il faudra encore patienter pour obtenir des réponses fermes à ces questions.
Si Michel Rocard est toujours aussi prompt à afficher ses convictions rien ne nous garanti qu’elles apparaissent telles qu’elles dans son rapport. Néanmoins, le socialiste a donné quelques pistes qui nous éclairent sur l’esprit de ces recommandations.
Concernant, une extension de la taxe à l’électricité, il ne semble pas qu'elle soit prévue même si le président de la conférence se dit « personnellement pour ». Lorsqu’on l’interroge sur les points brûlants du dossier, on rentre un peu plus dans la déclaration d’intention. « Nous voulons en tirer de quoi compenser les pertes de pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires et soulager les entreprises menacées par la concurrence étrangère », déclare-t-il à propos de la manne financière que pourrait générer cet impôt. Une déclaration dans la droite ligne d'une autre, faite par le leader de Europe Ecologie Daniel Cohn-Bendit, qui estimait dans Les Echos ce lundi que cette taxe "ne peut voir le jour que si elle est socialement juste". Michel Rocard concède même que le "chèque vert" de Jean-Louis Borloo est "une des formules possibles".
C’est une nouvelle fois l’utilisation sociale de cet impôt qui centralise l'attention et jonche les discours des politiciens. Chacun essaie à sa manière de rassurer une opinion publique inquiète de voir cet argent utilisé pour combler le déficit public. Même, l'idée de la création d'une forme de fond d'investissement pour l'environnement est soigneusement éludée. On ne veut surtout pas laisser croire aux français qu'ils pourraient être lésés. Des efforts de communication qui n'interdisent pas pour autant de nourrir un doute que seul le gouvernement pourra lever. Difficile de croire que le gouvernement adopte une position arrêtée sur le sujet tant que les travaux ne sont pas terminés. Or, ce matin, Michel Rocard concédait au micro d'Europe 1 qu'il restait "deux trois mois de travail administratif détaillé". Il envisageait même que la Contribution Climat Energie ne soit pas prête pour 2010.
En attendant les personnalités politiques de tous bords continuent de promouvoir cette nouvelle taxe dont on espère qu'elle sera "la mesure révolutionnaire" que réclamait hier Daniel Cohn-Bendit dans les colonnes des Echos.
Crédit Photo : Council of Europe / Flickr









[...] cela ne tienne, les ménages pourront se consoler avec leur « chèque vert » et se dire qu’ils participent à sauver la planète avec cette taxe. Mais, si les recettes [...]