"The Cove" dévoile l'indicible massacre de dauphins dans la baie de Taiji, au Japon, invisible au yeux du reste du monde jusqu'à ces images, recueillies grâce à une opération digne d'un James Bond.
Dans les années 60, la série Flipper propage une image du dauphin comme le docile et généreux ami de l'homme, toujours prêt à sauver ce dernier, toujours heureux, grâce à ce faux sourire solidement posé par la génétique. Le dompteur des dauphins-stars - oui, il y en avait plusieurs - se nomme Ric O'Barry. Une fois la série finie, les cétacés sont envoyés dans un parc d'attraction marine. O'Barry continue de se charger de leur dressage. La popularité de la série étant telle, adultes et enfants, bien qu'impressionnés par les mammifères de taille supérieure dans ces zoos marins, s'enthousiasment bien plus pour les "Flippers". Est alors lancé le commerce de dauphins. Des millions de dollars brassés chaque année, et une demande toujours plus élevée pour ces petits mammifères marins, qui ne survivent souvent pas plus de deux ans en captivité. O'Barry se rend alors compte du désastre dont il est à l'origine. Il retourne sa veste, et devient un défenseur invétéré de la liberté des dauphins.
Quarante ans plus tard, la situation est catastrophique. A cause de la surpêche, la population sous-marine s'amenuise. La pollution joue bien sûr son rôle: la nature sous-marine se dégrade, la consommation de viande de poisson devient dangereuse. Pour une raison peu crédible, l'organisation mondiale régissant la pêche de cétacés refuse de se prononcer sur les espèces plus petites - catégorie dans laquelle elle classe les dauphins. Nous voici donc au Japon - pays qui n'a pas cessé de pêcher la baleine malgré un moratoire international, brandissant gaiement l'étendard de la recherche scientifique. Chaque année, des milliers de dauphins sont attirés vers les baies de petits villages côtiers, afin de suppléer à la demande des parcs d'attraction. Les animaux rejetés par ces dresseurs et vétérinaires dont le dictionnaire moral épelle conscience après cupidité, "disparaissent".
Il ne s'agit de rien d'autre qu'un secret de Polichinelle: quelques rescapés, suivis d'une traîne de leur sang, tentent en vain de recouvrer leur liberté avant de se noyer dans la baie. Les autres, hâchés menu dans une crique camouflée du rivage, se retrouvent faussement étiquetés comme viande de baleine, dont les Japonais rafolent.



























