Les quotas de pêche au thon rouge vont baisser de 40 % en 2010 : ce qu'a annoncé dimanche la CICTA, Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique. Une décision qui ne satisfait personne, ni les pêcheurs (on s'en doutait), ni les associations écolos.
Le quota mondial de prises de thon rouge va passer de 22 000 tonnes aujourd'hui à 13 500 tonnes en 2010, dans l’Océan Atlantique et en mer Méditerranée. Soit une diminution de 40 %. De plus, la période de pêche est ramenée à un mois au lieu de deux, du 15 mai au 15 juin. Selon la Commission européenne, les pays membres de la CICTA ont également souligné la possibilité de suspendre cette pêche en 2011 si de nouvelles études scientifiques vont dans ce sens dans le courant de l’année prochaine.
Des contraintes supplémentaires pour les pêcheurs
Les pêcheurs n’hésitent pas à qualifier cette restriction des quotas de « claque » et, dans un communiqué, ils se disent extrêmement inquiets. "La position retenue par la CICTA nous préoccupe vivement. Ces contraintes supplémentaires viennent frapper un secteur déjà durement touché depuis 2007 et ce, alors même que nous avions consenti des efforts importants en ce qui concerne la gestion du quota attribué à la France".
Les organisations écologistes demandent l’interdiction pure et simple de la pêche au thon rouge
Si le Japon, principal consommateur de thon rouge de l'Atlantique, a salué cette décision, il n'en est pas de même pour les organisations de défense de l’environnement qui réclament une interdiction pure et simple de la pêche. Selon eux, l’espèce est menacée d’extinction à très court terme si rien n’est fait. « Le stock est si affaibli que seul un moratoire immédiat sur la pêche au thon rouge aurait permis donner à cette espèce une chance de survivre, déclare François Chartier, en charge de la campagne Océans de Greenpeace France.
Ainsi, depuis 1970, plus de 82% des stocks ont disparu dans l’Atlantique Ouest. La seule solution selon eux : que le thon rouge soit inscrit sur l’annexe de la CITES (Convention de l’ONU sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction), ce qui permettrait d’interdire, au moins provisoirement, sa commercialisation.
Photo : marché aux poissons de Tokyo, jaybergesen/flickr

























