Samuel Wasser, directeur du département de Conservation à l’Université de Washington de Seattle, travaille pour interpol à la lutte contre le trafic d’ivoire. Il a accordé une interview à l’AFP pour dénoncer l’organisation du trafic d’ivoire.
Le trafic d’ivoire, provenant majoritairement de l’Asie, est l’affaire de grands réseaux criminels. Samuel Wasser, directeur du département de Conservation à l’Université de Washington à Seattle, travaille pour interpol à la lutte contre le trafic d’ivoire. Dans une interview accordée à l’AFP, il a évoqué les dessous de ce business dangereux pour la biodiversité, qui représente une activité lucrative et à faible risque.
La mondialisation profite au trafic d’ivoire
Selon Samuel Wasser, la demande d’ivoire a fortement augmenté ces dernières années. La mondialisation aide pour l'organisation du trafic d'ivoire : des chargements illégaux, se portant à des millions de containers, naviguent chaque jour sur les océans. Les saisies record d’une valeur de 10 à 20 millions de dollars sont un exemple concret du fléau que représente le trafic d’ivoire pour la biodiversité. En moyenne, pourtant, la douane n’arrêterait qu’1% de cette contrebande.
Le trafic d’espèces sauvages : un délit impuni
Les crimes contre les espèces menacées ne seraient pratiquement pas poursuivis, car ils n’intéressent pas les services de répression. Sans risque et lucratif, le commerce de l’ivoire s’organise et implique de plus en plus le crime organisé : l’ivoire viendrait régulièrement des mêmes zones naturelles. Trafiquants et braconniers travailleraient ensemble pour structurer le trafic d’ivoire. Afin de limiter les risques, le chargement est « passé » dans le pays voisin, où les commanditaires deviennent intouchables en cas de saisie de la cargaison d’ivoire. Pour interpol, le meilleur moyen de lutter contre le trafic de l’ivoire, c’est d'empêcher le container de quitter le pays d'origine et d'identifier les points chauds du braconnage.
Crédit photo : jonrawlinson/flickr














