Wal-Mart est certainement plus connu en France pour avoir été critiqué dans le documentaire de Michael Moore, Bowling for Columbine, récompensé d’un Oscar et d’un César. Les magasins Wal-Mart y étaient accusés de proposer des munitions pour les armes à feu en vente libre, et les rescapés de la tragédie du lycée de Columbine venaient demander réparation au géant américain de la distribution. Pourtant, la chaîne américaine Wal-Mart reste le numéro un mondial de la grande distribution avec 406 milliards de dollars de chiffre d’affaire en 2008.
Aujourd’hui, Wal-Mart se veut écolo. En effet, le géant de la grande distribution a déclaré qu’il allait évaluer l’empreinte écologique de ses 60 000 fournisseurs et ainsi, des produits qu’il met en rayon. Est-ce un coup de pub ou une implication réelle en faveur du développement durable ? Peut-on accuser Wal-Mart de greenwashing ou est-ce une démarche écolo sincère ? Voici des éléments de réponse.
Tout d’abord, le groupe Wal-Mart travaille sur des stratégies de développement durable depuis plusieurs années. Longtemps critiqué par les syndicats et les défenseurs de l’environnement, Wal-Mart se veut plus écolo depuis 2005. A l’époque, la multinationale s’était engagée à préserver un acre (0,4 hectare) de terrain pour chaque acre occupé par un magasin Wal-Mart. Toutefois, cette campagne de communication avait laissé de marbre le Sierra Club, la plus grande association écolo des Etats-Unis.
Mais depuis, le paysage à beaucoup changé. En effet, Adam Werbach, ancien Président du Sierra Club et ex-militant anti-Wal-Mart, travaille maintenant pour l’ennemi, et ce depuis 2006. En engageant ce fervent défenseur de l’environnement et de la justice sociale comme conseiller, Wal-Mart a pu commencer à se redéfinir. Avec le cabinet de conseil Act Now du puriste écolo Adam Werbach à ses côtés, Wal-Mart s’affiche enfin comme un innovateur écolo.
Une des premières initiatives écolos de Wal-Mart, imaginée par Werbach lui-même, a été d’apprendre des éco-gestes à ses 1,3 millions d’employés américains. Ce programme de sensibilisation au développement durable marquait alors le début d’un changement rapide de la chaîne d’hypermarchés. D'autant plus que l’année dernière, le groupe Wal-Mart a décidé de ne plus vendre des biberons contenant du bisphénol A, et qu’il ne vendrait plus que des lessives dont l’emballage était réduit et qui nécessitaient peu d’eau lors de leur utilisation. Ces événements ont montrés que Wal-Mart a un réel impact et une influence considérable sur la production de produits à grande échelle ou leur suppression du marché!
Hier, Wal-Mart a annoncé sa volonté d’aller encore plus loin en lançant un “indice de durabilité” des produits. Cet indice a pour but de renseigner les consommateurs sur le cycle de vie et le caractère durable du produit qu’ils achètent. A l’aide de notes, labels, certifications ou encore d’informations claires et transparentes sur tous ses produits, Wal-Mart se veut un groupe éco-responsable. Les critères concerneront surtout l’impact environnemental de la production du produit (ressources naturelles, climat, communautés, ressources énergétiques, hommes...). Ainsi, Wal-Mart va s’intéresser à la quantité de gaz à effet de serre émis, d’eau utilisée, de déchets produits ou encore s’assurer de la condition de travail des ouvriers.
Avec la mise en place récente d’un Pacte pour le développement durable :
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Eliminer tout risque de commercialisation de viande fournie par des éleveurs ayant procédé à des déboisements illégaux en Amazonie ;
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Réduire de 70% le taux de phosphates dans les lessives d’ici à 2013 ;
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Inciter les industriels à concevoir des produits d’entretien deux fois plus concentrés...
Wal-Mart compte interpeller tant ses fournisseurs que ses clients. Toutes ces décisions laissent donc penser que le groupe Wal-Mart est vraiment sincère. Mais derrière toutes ces bonnes initiatives écologiques, se cache un réel enjeu économique pour la multinationale.
En s’inscrivant dans une démarche de développement durable, Wal-Mart compte en effet augmenter son chiffre d’affaire ou tout du moins obtenir un retour sur investissement. En effet, qui dit produits bio et écologiques, dit nouveaux clients ! Wal-Mart s’attèle donc à conquérir un marché qu’il n’a jamais touché auparavant. Et si Wal-Mart reste malgré tout une chaîne d'hypermarchés dont le but est toujours de vendre des produits au prix les plus bas, ce sont des produits écologiques que le groupe souhaite vendre.
Ainsi, les environnementalistes qui refusaient autrefois de dépenser un dollar chez Wal-Mart pourraient bien faire de cette multinationale leur nouveau géant vert. Le PDG de Wal-Mart, Mike Duke, a indiqué dans un communiqué : "Les clients veulent des produits qui soient plus efficaces, qui durent plus longtemps et sont plus performants. Et de plus en plus ils veulent des renseignements sur l'ensemble du cycle de vie d'un produit de sorte à se sentir à l'aise en l'achetant".
Mais le groupe Wal-Mart va également bénéficier d’une meilleure maîtrise des coûts ! Par exemple, réduire l’emballage des produits permet notamment de réduire les frais de livraison et de stockage. Installer des panneaux solaires sur le toit des magasins permet de faire des économies d’énergie et d’électricité considérables. C’est pourquoi, l’impact économique que vont avoir ces initiatives écolos sur Wal-Mart sont à prendre en compte.
Bien que la multinationale s’investisse positivement dans le développement durable depuis plusieurs années, le groupe Wal-Mart s’inscrit également dans un marché compétitif où il souhaite rester numéro un mondial. Toutefois, l’impact économique de la démarche environnementale de Wal-Mart ne semble pas mettre en doute la sincérité du groupe. Notons d’ailleurs à ce propos que Wal-Mart travaille sur l’élaboration de cet “indice de durabilité” depuis plus d’un an. Et si la mise en place d’un tel projet risque encore de prendre entre un et deux ans, c’est justement pour lutter contre le greenwashing que Wal-Mart s’est lancé dans une telle démarche. Il ne nous reste plus qu’à suivre la mise en place de cet ambitieux projet et d’en observer les conséquences.
Ainsi, en optant pour des produits écologiques, les économies d’énergies ou encore une communication axée sur le développement durable, Wal-Mart est sûrement un futur empire écolo. Toutefois, est-ce Wal-Mart qui va trancher sur les questions que se posent les consommateurs environnementalistes ? Est-il mieux de manger local ou bio ? Devons-nous privilégier les produits neutres en carbone ou ceux 100% recyclables ? Papier ou plastique recyclé ? Allons-nous boire du Pepsi, marque qui favorise les énergies renouvelables, ou du Coca-Cola qui recycle ses bouteilles ? Le débat reste ouvert.
Crédit Photo : Dystopos / Flickr









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